26ème dimanche du temps ordinaire

27 septembre 2020

SAMARITANUS BONUS

C’est une vérité de l’histoire que la grandeur du témoignage chrétien se révèle bien souvent au milieu des épreuves et des temps difficiles. Ce témoignage rendu possible par les circonstances n’est cependant que la manifestation d’une sainteté du quotidien vécue jusqu’au bout à laquelle nous sommes tous appelés.

Une lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée par le pape François et publiée mardi dernier, a précisément voulu attirer l’attention des chrétiens sur la manière d’accompagner les personnes traversant la maladie et atteignant la dernière étape de leur vie.

Nous ne cessons d’observer avec étonnement et émerveillement le développement des technologies biomédicales. Bien qu’offrant des opportunités extraordinaires pour le soin des personnes, elles ne sauraient conférer en elles-mêmes le sens et la valeur de la vie humaine. Toute avancée technologique, pour être vraiment humaine, nécessite une égale croissance dans le discernement moral. Sans ce discernement, ces avancées peuvent tout aussi bien se retourner contre l’homme et causer des situations précisément « inhumaines ». Concernant la fin de vie, nous comprenons l’excès que représente l’acharnement thérapeutique face à un malade au seuil de la mort. S’il n’est pas juste de maintenir artificiellement et de manière disproportionnée la vie d’un homme, la lettre de la Congrégation rappelle avec force qu’il n’est jamais moralement acceptable de causer volontairement la mort d’un être innocent. L’euthanasie ne peut jamais, en aucune circonstance, être une réponse moralement acceptable face à la souffrance en fin de vie.

Ce rappel nécessaire du « tu ne tueras pas », n’est cependant pas suffisant. Il est le pendant au grand Oui à la Vie dont les chrétiens se veulent les témoins. A ce titre, la figure du Bon Samaritain apparaît dans toute sa force. C’est parce que les chrétiens promeuvent la Vie qu’ils ont conscience de l’importance de prendre soin des plus fragiles. C’est par leur Oui à la Vie qu’ils ont conscience de la nécessité d’accompagner les mourants par des soins mais surtout de l’amour. En effet, aucun soin ne saura remplacer le besoin de vivre la dernière étape de notre vie de manière humaine, entourée d’hommes et de femmes capables de compassion et de consolation. Et c’est précisément ici, nous rappelle cette lettre, que se situe notre témoignage, dans notre capacité à être pour les autres la figure du Christ qui prend soin, la figure du Bon Samaritain.

 Père Paul de Quatrebarbes

Rentrée paroisiale 2020