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2ème Dimanche du Temps Ordinaire
Dimanche 20 janvier 2019

Serviteurs des noces

« Il me manque un sou pour faire un franc ! » Cet ancien dicton de la langue française s’applique-t-il à l’épisode de Cana ? Il manque en effet du « vin » pour que la fête soit complète ! La mère de Jésus semble la seule à s’en émouvoir. Elle reporte ce manque vers son fils, qui réagit étrangement. D’abord, il questionne avec une certaine dureté, affaiblie par la traduction liturgique. Littéralement, il interpelle sa mère en lui disant : « Quoi ça, entre moi et toi, femme ? ». Ensuite, il dérive sur un autre objet que le vin manquant : « l’heure (qui) n’est pas encore venue ». Pourquoi Jésus appelle-t-il sa mère comme Ève dans la Genèse ? Quels sont les rapports entre le manque de vin et l’heure ? Ces malentendus indiquent que les noces dont il est question ont une signification plus riche que celle d’une belle fête de famille. D’ailleurs, le signe donné – l’eau changée en vin – va bien au-delà de la consommation d’un breuvage qui réjouit le cœur de l’homme (Ps 104, 15) puisqu’il « manifeste la gloire » de Jésus et qu’il entraîne la foi des disciples !

Pour comprendre, il est bon de s’intéresser aux « diacres/serviteurs » puisqu’ils sont réputés « savoir » en fin d’épisode.

Qu’ont-ils appris ? Ils ont écouté la femme les incitant à « faire ce qu’il dira ». Formule qui déborde un simple commandement, puisqu’elle encadre la conclusion de l’Alliance du peuple d’Israël avec son Dieu (Ex 19, 8 ; 24, 7). Ensuite ils ont obéi à l’homme qui leur demandait de « remplir d’eau les jarres » puis de « puiser » et de « porter au maître de maison ». Seuls actifs dans cette histoire, ils en font plus, remplissant les récipients à ras bord, soit une contenance de près de 600 litres ! Ils sont entrés dans la logique de l’Alliance : faire confiance à ce qui est dit de la part du Seigneur… Se substituant à une défaillance, leur service participe à la surabondance du don ! En effet, c’est autant la parole de Jésus que l’obéissance des serviteurs qui assure la transformation de l’eau en « bon vin ».

Qu’ont-ils cru ? Difficile de le savoir car leur discrétion est aussi remarquable que leur efficacité ! Mais on devine que les servants ont perçu dans le dialogue entre la mère et le fils que le long temps de fiançailles entre Dieu et Israël parvient à son terme. L’Alliance est en train d’être consommée au cours de ces noces villageoises. Elle est aussi renouvelée : l’eau se transforme en vin, le manque se mue en prodigalité. Les servants ont reconnu dans le « bon vin » la venue de l’Esprit, par lequel le messie attendu expliquera la Torah. Il coule à flots pour que « tout homme soit servi » et que chacun puisse étancher sa soif.

Deux mille ans plus tard, à nous aussi d’endosser la tenue de serviteurs pour participer à la surabondance des noces dans l’Alliance de Dieu avec l’humanité !

Père William-Jean de Vandière

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