La Sainte Trinité

dimanche 26 mai 2024

ET, PAR, AVEC, DANS

Le mystère de la Trinité est le troisième grand mystère de notre foi avec l’Incarnation et la Rédemption. Il est à la fois celui que nous proclamons le plus naturellement, et celui qui nous est le plus difficile à comprendre. Chaque jour nous faisons notre signe de croix : « Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen ».
Cet exercice nous semble naturel, mais il n’en est rien. Nous proclamons dans ce geste l’égalité et l’union de nature des trois personnes de la Trinité. Le « Nom » est au singulier pour manifester l’union des trois personnes, et nous les unissons par une petite préposition « et » qui manifeste leur égalité de nature, leur consubstantialité – comme le rappelle la nouvelle traduction du Credo. Cette préposition n’est pas du tout neutre, dans les premiers siècles chrétiens il y eut une querelle au sujet de l’utilisation des prépositions.
A la fin de la prière des psaumes saint Basile employait deux doxologies : « Gloire au Père par le Fils dans l’Esprit » et « Gloire au Père avec (μετα) le Fils avec (συν) l’Esprit ». Des auditeurs se récriaient car, suivant un enseignement philosophique, ils attribuaient une différence d’honneur aux prépositions. Ainsi, la première doxologie impliquerait une répartition des tâches réduisant l’Esprit sinon à une créature, du moins à un rang inférieur, ce qui est juste selon certains ; tandis que la seconde suppose que le Père, le Fils et l’Esprit reçoivent le même honneur, hérésie selon ces gens.
Saint Basile écrivit une longue lettre pour les réfuter et expliquer que l’usage des prépositions n’impliquait aucune différence de nature, mais une différence dans l’économie divine. C’est-à-dire que nous attribuons, par exemple, au Père la Création, au Fils la Rédemption et au Saint Esprit la Sanctification, mais nous savons bien qu’à chaque fois les trois agissent ensemble puisqu’Ils ne sont qu’Un. Ce n’est que par commodité et souci d’instruction que nous attribuons à l’un ce qu’Il fait avec les deux autres.
Quand nous faisons notre signe de croix nous proclamons donc une vérité de foi aux implications théologiques et philosophiques profondes. Néanmoins ce n’est pas pour cela que nous réalisons ce geste. Si nous nous signons c’est pour nous mettre en présence de cette vérité – la vérité est une personne. Quand je fais mon signe de croix je me mets en présence de la Trinité, et je Lui demande de m’introduire dans sa vie, dans la vie trinitaire. Je me mets dans la position du Fils pour adorer le Père grâce à l’Esprit Saint qui agit en moi : « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie ‘Abba !’, c’est-à-dire : Père ! » (Ga 4, 6).

P. Paul Balaresque

Focus sur le Service des Vocations – Père Bruno de Mas Latrie

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