Notre-Dame de Grâce de Passy

La Paroisse est située rue de l’Annonciation dans le 16ème arrondissement de Paris

32ème dimanches du Temps Ordinaire

Dimanches 10 novembre 2019

IL N’EST PAS LE DIEU DES MORTS MAIS DES VIVANTS

Un jour, un petit garçon de l’école est venu me voir pour me partager ce qu’il avait dans le cœur : « Mon papa est mort. Il est où maintenant ? ». D’abord un peu déstabilisé par cette confidence, j’ai commencé à lui parler du Ciel, de notre espérance dans la vie éternelle, de ce qu’en Dieu les morts ne sont pas seulement dans l’attente de nous retrouver mais qu’ils intercèdent pour nous, faisant descendre sur nous les grâces dont nous avons besoin. Les mots sortaient de ma bouche avec une certaine pudeur puis avec une forme de sérénité mêlée d’enthousiasme. À la fin de ma réponse, ce petit garçon m’a dit merci avec un grand sourire puis est retourné jouer avec ses camarades, comme si de rien n’était. La vie avait repris son cours, la foi avait consolé son cœur.

La foi console et c’est là une preuve de sa vérité. Depuis les commencements de l’Église, nombreux ont été ceux qui se sont moqué des chrétiens, les accusant d’être des esprits faibles et crédules. Aux discours de Tacite et Suétone se sont mêlés ceux des nouveaux matérialistes voulant libérer les masses oppressées de l’opium du peuple. Il est une chose que ni Tacite, ni Suétone, ni les plus grands matérialistes ne pourront jamais donner. Aucune théorie, aussi belle, aussi lumineuse soit-elle, ne pourra jamais donner ce que la foi nous apporte : la vie éternelle. Nous n’avons pas à avoir peur de ces discours mais à accueillir avec reconnaissance ce que la foi apporte au monde. La foi donne à ceux qui s’ouvrent à elle une paix et une joie à nulles autres pareilles parce qu’elle témoigne de ce fait qui nous donne le salut : le Christ est ressuscité des morts. Dieu, venu parmi nous, a été vainqueur pour nous de la mort. La mort qui est la grande tragédie de l’homme n’est désormais plus le dernier mot de son histoire.

Notre paroisse accompagne avec une attention particulière les personnes vivant la douleur de la perte d’un être proche. Le succès de l’équipe « Vivre le deuil » est une illustration de l’attente dans le cœur de l’homme de l’espérance de la vie éternelle. N’ayons pas peur de témoigner de celle-ci. C’est elle qui nous fait croire qu’unis à Jésus, un jour, ce petit garçon retrouvera son papa auprès de Dieu pour l’éternité dans la bienheureuse communion des saints car « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants ».

Père Paul de Quatrebarbes

NOUVELLES EN BREF

Entre la fête de la Toussaint (1er novembre) et la Journée mondiale des pauvres (17 novembre), la relecture de quelques paragraphes de l’exhortation apostolique du pape François sur l’appel à la sainteté (Gaudete et exultate du 19 mars 2018) peut nous aider à entrer dans la forme de bonheur que Jésus propose à chacun (n° 63 … 70).

Jésus a expliqué avec grande simplicité ce que veut dire être saint, et il l’a fait quand il nous a enseigné les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12 ; Lc 6, 20-23). Elles sont comme la carte d’identité du chrétien. Donc, si quelqu’un d’entre nous se pose cette question, “comment fait-on pour parvenir à être un bon chrétien ?”, la réponse est simple : il faut mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des béatitudes. À travers celles-ci se dessine le visage du Maître que nous sommes appelés à révéler dans le quotidien de nos vies. Le mot “heureux” ou “bienheureux”, devient synonyme de “saint”, parce qu’il exprime le fait que la personne qui est fidèle à Dieu et qui vit sa Parole atteint, dans le don de soi, le vrai bonheur.

Écoutons encore Jésus … Permettons-lui de nous interpeller en vue d’un changement réel de vie. Autrement, la sainteté ne sera qu’un mot.
« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux ». L’Évangile nous invite à reconnaître la vérité de notre cœur, pour savoir où nous plaçons la sécurité de notre vie. En général, le riche se sent en sécurité avec ses richesses, et il croit que lorsqu’elles sont menacées, tout le sens de sa vie sur terre s’effondre … Or les richesses ne te garantissent rien. Qui plus est, quand le cœur se sent riche, il est tellement satisfait de lui-même qu’il n’y a plus de place pour la Parole de Dieu, pour aimer les frères ni pour jouir des choses les plus importantes de la vie. Il se prive ainsi de plus grands biens. C’est pourquoi Jésus déclare heureux les pauvres en esprit, ceux qui ont le cœur pauvre, où le Seigneur peut entrer avec sa nouveauté constante.

Cette pauvreté d’esprit est étroitement liée à la “sainte indifférence” que saint Ignace de Loyola proposait, et par laquelle nous atteignons une merveilleuse liberté intérieure : « Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées, en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre et qui ne lui est pas défendu ; de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l’honneur que le déshonneur, une vie longue qu’une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste ».
Être pauvre de cœur, c’est cela la sainteté !