2ème dimanche de carême

Dimanche 28 février 2021 

DE L’OBSERVANCE DU CARÊME

La Règle de saint Benoît a été écrite par Benoît de Nursie pour guider ses frères sur le chemin de la sainteté. Rédigée autour des années 550, elle reste d’actualité pour tout chrétien de bonne volonté qui veut se rendre proche de son Maître, le Seigneur Jésus, qui, le premier, a vécu le Carême en se nourrissant de la Parole de Dieu, son Père, pendant quarante jours.

Le fondateur de l’ordre bénédictin commence avec une pointe d’humour : la vie d’un moine devrait être, en tout temps, conforme à l’observance du Carême. Néanmoins … nous recommandons aux frères de vivre en toute pureté ces jours du Carême, et d’effacer en ces saints jours toutes les négligences des autres temps (cf. le n° 223 de la Règle). La « négligence », voici le maître-mot qui nous concerne tous et qui nous rend complice du péché ! Pour y remédier, il faut s’appliquer, poursuit Benoît, à la prière, à la lecture, à l’humilité du cœur et à l’abstinence. S’appliquer : cette attitude est celle de tout élève, de tout étudiant, de toute personne qui travaille. Elle dit quelque chose de notre humanité capable de sortir des réflexes animaux. Elle est surtout une manière d’aiguiser notre faculté d’attention envers Dieu et autrui, en choisissant l’une ou l’autre des quatre pistes données.

De façon fine, le père du monachisme occidental propose ensuite (cf. n°224) d’ajouter quelque chose à la tâche ordinaire de notre serviceAinsi, chacun offrira de sa propre volonté à Dieu, dans la joie du Saint-Esprit, quelque chose au-dessus de la mesure qui lui est prescrite, c’est-à-dire qu’il retranchera à son corps sur la nourriture, la boisson, le sommeil, la conversation et la plaisanterie, et qu’il attendra la sainte Pâque avec la joie du désir spirituel. L’offrande touche à notre corps, entendu au sens large puisque la parole en fait partie. Et ce don de soi au-dessus de la mesure prescrite est libre et gratuit. Paradoxalement, il se vérifie en retranchant une part de nos besoins vitaux dans notre quotidien. Enfin, sa finalité consiste en la joie d’être chrétien dans l’espérance de la résurrection.

Écoutons ces conseils vieux de quinze siècles pour renouer avec le désir spirituel de changer, d’être renouvelé par la présence du Seigneur et de goûter à la joie d’être ensemble en chemin vers Pâques.

Père William-Jean de Vandière

CONFÉRENCES DE CARÊME

Conférences de carême