Fête de la Toussaint
dimanche 1er novembre 2026
LE CHOIX D’AIMER
Les temps âpres que nous traversons nous mettent à l’épreuve. Que peut signifier un propos de « sainteté » dans ce monde en feu, si tourmenté ? C’est vers l’Evangile qu’il faut se tourner pour trouver une lumière.
Il nous dit que la sainteté n’est pas un « à-côté » de l’existence. Elle n’est surtout pas tout ce qu’on invente pour, finalement, s’en dispenser ! Elle n’est pas la course pour appartenir à une élite de parfaits… Ceux et celle qui « y arriveraient » pendant que les autres, la masse, pataugerait dans sa médiocrité, ses défauts, ses échecs, son relativisme, ses choix de vie non conformes… Que sais-je encore ?
Au vrai, la sainteté n’est pas une option. Le dernier concile l’a redit, elle est un appel adressé par le Christ à tous et toutes, à chacun, chacune, selon ce qu’il ou elle est. Elle consiste à essayer de vivre selon les exigences de la justice et de l’amour. On ne le redira jamais assez : dans notre Église, il n’y a pas d’élite. Il n’existe que des gens qui font ce qu’ils peuvent, au mieux de leurs possibilités et de leur détermination, de leur engagement.
Une parole de la Didaché dit tout : « Si donc tu peux porter le joug du Seigneur tout entier, tu seras parfait : mais si tu ne le peux pas, fais ce que tu peux » (Didaché 6,1). Là est le secret : faire ce que l’on peut, tout ce que l’on peut… Car c’est sur l’effort d’une vie que l’on sera jugé bien plus que sur d’éclatantes réussites.
L’Évangile donne à entendre constamment l’impératif d’aimer : aimer Dieu à toute force et aimer son prochain comme soi-même. Chemin d’amour, chemin de sainteté… Deux noms pour un seul et même chemin. Il met chacun/chacune aux prises avec le mystère de Dieu, celui du prochain et avec son propre mystère. Il engage nos communautés, nos familles, de même, à se faire autant que possible, ferventes, solidaires, ouvertes, accueillantes…
On ne répétera jamais assez que notre chemin de sainteté est profondément chemin d’humanité. Un chemin parcouru, au présent, avec le Seigneur, sous le signe des Béatitudes.
De toutes les Béatitudes, une en particulier peut se détacher par les temps qui courent : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Alors qu’en cette fin d’année la vie du monde est grevée de tant d’incertitudes, un des visages attendus de la sainteté est l’engagement déterminé au service de la paix et au service de l’avenir. Cet avenir se prépare dans un engagement au présent, sans cesse renouvelé : le choix de Dieu révélé en Jésus-Christ, le choix d’aimer.
P. Gilles-Hervé Masson
Lectures de la messe dominicale
