Notre-Dame de Grâce de Passy

La Paroisse est située rue de l’Annonciation dans le 16ème arrondissement de Paris

6ème Dimanche du Temps Ordinaire

Dimanche 17 février 2019

«IL N’Y A QUE DANS L’ÉVANGILE QUE L’ON DIT DU BIEN DES PAUVRES !»

Ce propos de table lors d’un déjeuner en famille m’est toujours resté en mémoire.

De fait, nos soucis quotidiens et nos conversations habituelles sont orientés vers nos biens, qu’ils soient culturels (les livres lus ou les expositions et les films vus), matériels (nos adresses gourmandes, l’agencement de nos lieux de vie ou le choix de nos moyens de locomotion), voire spirituels (l’homélie du Père Untel ou le prochain pèlerinage projeté). Et d’ailleurs Jésus ne méprise pas ces réalités ! Surtout chez saint Luc, on le voit manipuler et commenter le livre (le rouleau du prophète Isaïe, en Lc 4), s’intéresser aux soucis culinaires de Marthe (Lc 10, 41) et manger devant les Onze une part de poisson grillé le jour de Pâques (Lc 24, 42-43), entrer dans les maisons de beaucoup (le publicain Lévi, le pharisien Simon, les deux sœurs Marthe et Marie, le riche Zachée), entraîner ses disciples sur la longue route vers Jérusalem pendant 10 chapitres (de Lc 9, 51 à 19, 44) et passionner son auditoire jusqu’à la fin de sa vie publique au point que le peuple était suspendu à lui (Lc 19, 48). Cet ensemble convoque des membres ordinaires de la société. Point de palais ni de châteaux ! Pas de révolution ni de grands personnages ! Le Jésus de Luc évolue dans un milieu modeste avec un naturel parfait. Là sa Parole est proclamée et entendue.

Pourtant, si Jésus s’adresse à tous, Luc insiste sur la prédilection de son maître pour les pauvres. C’est à eux que la bonne nouvelle est annoncée en priorité (Lc 4, 18). Avec ceux qui ont faim et ceux qui pleurent maintenant, il les déclare heureux ! Et en contrepartie, il se lamente sur les riches, ceux qui sont comblés et ceux qui rient … Le troisième évangile ne les oublie pas pour autant, puisque Jésus les invite à donner en aumônes (Lc 11, 41), leur demande de ne pas attendre de contrepartie (Lc 14, 14) et leur ordonne de distribuer aux pauvres (Lc 18, 22). Est-ce alors une question d’équilibre à maintenir d’un côté ou de l’autre d’une richesse toujours difficile à évaluer ? En partie seulement !

Car il me faut aussi apprendre à devenir pauvre. N’est-ce pas là ma véritable condition face au Seigneur de l’univers ? Elle prendra tout son sens lorsque je me présenterai à l’heure de ma mort en espérant toujours être heureux avec lui.

Père William-Jean de Vandière