29ème et 30ème dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 18 octobre 2026
dimanche 25 octobre 2026

ÉTAT IDOLATRIQUE

◄TI CAESAR DIVI – AVG F AVGVSTVS “Tiberius Cæsar Divi Augusti Filius Augustus”, (Tibère César fils du divin Auguste, auguste).

PONTIF – MAXIM. “Pontifex Maximus”, (Grand pontife). ►

Voilà donc une pièce d’un denier de l’empereur Tibère à l’époque de Jésus. La dimension idolâtrique de la pièce rebutait à juste titre les autorités juives. La justification religieuse de l’autorité d’un souverain est habituelle de l’Antiquité jusqu’à maintenant. La postérité de la célèbre formule du Christ sur ce qui est à Dieu et ce qui est à César est bien plus l’histoire de l’Eglise se libérant du joug du pouvoir temporel que l’histoire du pouvoir temporel se libérant du spirituel.

Que l’État ait souvent trouvé sa justification dans la religion, ne doit pas cacher l’extrême différence entre les Augustes Césars et les Rois Chrétiens. Les premiers exigeaient une véritable latrie de leur personne, il fallait les considérer comme dieux. Tandis que les seconds recevaient leur pouvoir de Dieu. Cette distinction n’était pas que de papier, malgré le culte du Soleil à Versailles, elle permettait une critique et une liberté quoique souvent réservées à l’intériorité.

Un État laïc ne veut point dire un État libéré de la tentation idolâtrique. Au contraire, sans garde-fou, un État areligieux risque vite de se transformer en culte idolâtrique de l’État. Les États athées communistes ou nazis en sont des exemples éclatants. Des Augustes aux Grands Timoniers la tentation de l’État pour accaparer toutes les dimensions humaines jusqu’au désir de Dieu se renouvelle toujours.

La pièce est à l’image de César, l’homme à l’image de Dieu. La distinction entre les deux demeurait facile. Mais dans le métal s’affichait la prétention de l’Etat à modeler humanité à son image. Il est naïf de croire que cette prétention n’existe plus. Surtout à notre époque, sous nos yeux disparaissent les limites entre le public et le privé, tout peut être enregistré et gardé, des algorithmes aveuglent sciemment nos cerveaux avec une facilité déconcertante.

Un État pourrait bien un jour modeler à son effigie l’homme lui-même, et non plus seulement du métal.

Abbé Balaresque

Lectures de la messe dominicale

Is 45, 1.4-6 ; Ps 95 ; 1 Th 1, 1-5b ; Mt 22, 15-21

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