Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

7 juin 2026

PRENEZ ET MANGEZ, PRENEZ ET BUVEZ

La formule dite de l’institution est sans doute ce qui résume l’eucharistie pour beaucoup de catholiques. Ce moment est solennisé par l’élévation, les trois coups de cloche et l’encens (quand c’est possible) dans un silence habité par la prière de tous. Le Seigneur donne sa présence réelle. Quelle est en revanche la nôtre ?

Gestes et paroles de la consécration sont précédés par l’appel de l’Esprit : sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit… Pour qu’il y ait transformation (transsubstantiation), il faut qu’il y ait de notre part offrande. Pain et vin. Fruit de la terre et du travail des hommes. A la fois, toute la création et chacune de nos vies, la sueur de ceux qui œuvrent encore, l’angoisse de ceux qui sont au chômage, la joie de ceux qui attendent un enfant et la douleur de ceux qui ont perdu un proche, la honte du mal commis et la bonté des actes posés… Tout est là pour être transformé par l’Esprit du Ressuscité qui vient habiter les diverses réalités vécues par chacun des membres de nos assemblées dominicales.

A partir de ces offrandes si richement et si pauvrement humaines, la transformation peut s’opérer. Comme les disciples au soir du jeudi saint, nous entendons Jésus qui annonce le don de sa vie pour nous. Le sacrifice a lieu une fois pour toutes sur la croix, le vendredi saint. A partir de ce moment unique, il n’y a plus besoin de verser le sang. Mais saint Paul précise que, nous aussi, nous présentons notre corps – notre personne entière – en sacrifice vivant, capable de plaire à Dieu (Rm 12, 1). Telle est l’offrande vivante en réponse au sacrifice unique du Seigneur, une offrande qui est charité, les uns avec les autres, les uns pour les autres.

C’est pourquoi l’ordre de Jésus « prenez et mangez… prenez et buvez » est au présent. Si ces mots désignent la présence réelle du Seigneur qui vient en nous, ils disent aussi notre présence à ce don parfait car nous pouvons faire cela en mémoire de lui. En adorant le corps livré et le sang versé, nos vies sont prises et bénies comme celles de la multitude. Les richesses et les manques de notre présence à Dieu et à autrui sont remplis par la présence réelle du Seigneur qui est grâce. Elle comble nos impuissances et nos insuffisances et nous donnent la joie.

P. WJ de Vandière

Lectures de la messe dominicale

Dt 8,2…16; Ps 147; 1Co 10, 16-17; Jn 6, 51-58

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