Dimanche des Rameaux

dimanche 29 mars 2026

DU FILS DE DAVID AU FILS DE DIEU

« Dis-moi de quel nom t’appelaient ton père, ta mère et ceux qui habitaient ta ville et les contrées environnantes car nul parmi les hommes, pas plus le fort que le faible, n’est sans nom au moment de sa naissance : les parents en donnent un à tous les enfants qu’ils mettent au jour » Odyssée, chant VIII.

Lorsque Alcinoüs demande son nom à Ulysse, il reprend un refrain de l’Odyssée. Il ne s’agit pas seulement d’un nom, mais du nom donné par les parents et ceux qui connaissaient Ulysse depuis son origine. A travers le nom, ce n’est pas la manière d’être au monde d’Ulysse que demande son hôte, mais son origine. Sa manière d’être originale et originelle.

Le passage de l’appellation « Fils de David » à celle de « Fils de Dieu », ou plutôt son échec apparent, appartient au même ressort. Entre ces deux noms, ce sont deux origines distinctes, quoique liées, qui sont évoquées. Si Jésus est roi comme il le manifeste par son entrée triomphale, s’il possède un royaume dont il va longuement parler entre son entrée à Jérusalem et sa Passion, il s’agit de connaître la véritable origine de ce royaume et de ce roi.

De qui est-il le fils ? Nous savons que les deux réponses sont justes, et qu’il nous faut passer du « Fils de David » au « Fils de Dieu », que de ce passage dépend toute notre vie et toute notre foi. Derrière l’interrogation « de qui est-il le Fils ? », se cache une autre « de qui suis-je le fils ? ». Plus précisément, « de qui suis-je la fille ? » C’est, il me semble, la raison de la citation de Zacharie : « Dites à la fille de Sion : voici que ton roi vient à toi, doux et monté sur un ânon. »

Il ne s’agit donc pas simplement de reconnaître dans ce fils de David le Fils de Dieu ou le Fils de l’Homme comme Jésus préfèrera dire. Il s’agit de se reconnaître soi-même fils. De même que reconnaître Jésus comme Fils de David c’est commencer à le reconnaître Fils de Dieu, bien qu’il faille encore un bout de chemin pour y parvenir. Nous-mêmes en reconnaissant que nous sommes fils et filles, nous commençons le chemin qui nous permettra de nous reconnaître enfant de Dieu.

Le choix du saint patron et la lente évolution du terme baptiser qui signifie maintenant « nommer » autant que « plonger » souligne l’importance de ce chemin de reconnaissance. A mon baptême mes parents m’ont appelé d’un nom, en me donnant ce nom ils m’ont plongé dans la mort et la résurrection du Christ, manifestant par là ma double origine : de leur union selon la chair, de mon union avec le Christ selon la grâce.

P. Paul Balaresque

Lectures de la messe dominicale

Mt 21, 1-11 ; Is 50 4-7 ; Ps 21; Ph 2, 6-11; Mt 26, 14…66

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